Emmanuel Ducrot entamera son périple le 29 avril, pour treize jours, avec un vélo aux sacoches remplies de 37 kg de matériel.

Emmanuel Ducrot entamera son périple le 29 avril, pour treize jours, avec un vélo aux sacoches remplies de 37 kg de matériel. 
© Photo NR

Le Bordois Emmanuel Ducrot enfourchera son vélo à la fin du mois pour un périple de treize jours au profit de la lutte contre l’épilepsie.

 
Tout est prêt et Emmanuel Ducrot a des fourmis dans les jambes. Le 29 avril lui paraît encore loin et il ne rêve que d’une chose : rouler !
Certes, la bicyclette est une passion et il la pratique depuis tout gamin. Certes, il a déjà parcouru plus d’un millier de kilomètres il y a deux ans, en descendant la Loire à vélo. Mais cette fois, le périple prend une autre dimension. Il est symbolique. Il défend une cause : la lutte contre l’épilepsie.
Un mal avec lequel il vit depuis qu’il a 15 ans et qui, vingt-deux ans plus tard, ne l’empêche pas d’avoir une vie épanouie avec sa femme et sa petite fille.
L’épilepsie fait partie de sa vie et même s’il ne la contrôle pas, les médicaments l’aident à la dépasser :« Je n’ai pas eu de crise depuis deux ans mais cela peut arriver à n’importe quel moment. C’est une maladie neurologique et il faut faire attention à ne pas avoir d’excès de fatigue, de stress ou d’alcool. »
Mais ce n’est pas sa maladie qui porte ce nouveau projet de voyage. C’est sa fille, Lola. « Pendant les grandes vacances, l’été dernier, on venait d’arriver à Royan et on était sur la plage quand elle est tombée à terre, les yeux révulsés et la bave sortant de sa bouche. J’ai compris que ma fille de 6 ans était aussi épileptique. »
“ Je suis épileptique. Et alors ? ”Transportée aux urgences pédiatriques, une batterie de tests sera pratiquée mais les médecins ne trouveront rien. D’un coup, son mal devenait son combat. Au nom de Lola. Au nom de tous les enfants atteints de cette maladie pas tout à fait comme les autres. Une maladie qui n’empêche pas de vivre normalement mais qui est tellement sournoise qu’il faut toujours s’en méfier. 
Technicien vélo à Intersport Issoudun depuis neuf ans, Emmanuel Ducrot sait que le mal peut le foudroyer à tout instant : « Cela dure quatre à cinq minutes mais c’est toujours spectaculaire pour ceux qui le voient. »
Cette maladie mal connue et mal reconnue justifie ce qu’il appelle Le Défil’épsie, qui le conduira sur 1.500 km, en treize jours, de Nevers à Hendaye en passant par Saint-Brieuc. « Je vais mettre à profit ce périple pour en parler avec les personnes que je rencontrerai ». Son maillot aux couleurs de la maladie, sur lequel il est écrit « Je suis épileptique. Et alors ? » saura interpeller le public.
En partenariat avec la Fondation française pour la recherche sur l’épilepsie, il espère recueillir de ce voyage 1.500 €, au profit de la fondation. 
Une goutte d’eau dans la mer, mais l’absence de retour des clubs de vélos et des personnes atteintes d’épilepsie se trouvant sur sa route et qu’il a contactés via les réseaux sociaux lui prouvent combien il est nécessaire de parler de ce sujet. « Pour des parents, ce n’est pas facile de vivre avec un enfant épileptique car il a des problèmes de concentration et à l’école, c’est un souci… »